Toujours plus de constructions : les arguments

Cet article reprend le contenu de la Feuille Orange distribuée dans les boîtes à lettres.

Une aubaine pour les aînés et les jeunes ?

Pour justifier ces nombreuses constructions, dans l’article du Parisien du 13 septembre dernier, M. le Maire évoque un « déficit de logements » en ces termes : 

« Il manque des habitations à petites surfaces, pour nos anciens qui ont du mal à entretenir leur grande maison et qui aimeraient passer leur retraite en appartement, […] Et puis, à l’opposé, il y a

les jeunes, qui n’ont pas les moyens d’acheter un T3 ou un T4. »

 

SOYONS SERIEUX ! Ces arguments ne tiennent pas quand on les confronte à la réalité : dans les faits, les anciens préfèrent rester chez eux aussi longtemps que possible et ne quittent leur domicile  que lorsqu’ils y sont contraints, pour rejoindre des structures médicalisées.. Quant aux jeunes, qui va croire qu’un T2 de 40 m² à 170.000 euros (soit 4 250€/m²) est quelque chose d’accessible ?

 

Des logements qui préserveront notre commune ?

Concernant les logements sociaux à venir, M. le Maire précise : « Aujourd’hui, nous disposons  uniquement de 48 logements sociaux, soit 3,2 % de notre parc immobilier. C’est très faible. Avec le futur ensemble, nous atteindrons déjà 7,5 %. En tout cas, nous refusons de construire des tours, il n’y

aura que des jolies maisonnettes pour préserver notre commune. »

 

Laisser croire qu’il aurait été possible de construire des tours est grotesque : cette posture  démagogique, consistant à prétendre avoir évité une menace fantôme, est redondante dans le discours du maire, mais ne saurait constituer un argument susceptible de justifier les choix effectués.

D’autant qu’il n’y aura pas que des jolies maisonnettes : on parle de plusieurs bâtiments imposants, en R+1+combles, disséminés à différents endroits du village, au centre, au coeur de la forêt et à Montgrésin. Cela représente 141 appartements et 46 maisons. Ce n’est certainement pas ce qu’on appelle « préserver notre commune ».

Pour attirer des familles ?

Monsieur le Maire dit : "les logements attireront des familles qui rempliront les classes de nos écoles".

  • L’objectif de remplir des classes disponibles est louable, mais encore faut-il être certain que l’on ne dépasse pas les seuils admissibles, ce qui obligerait à devoir agrandir à très court terme les locaux scolaires… Si plusieurs classes sont disponibles dans les écoles (4 en maternelle et 2 en élémentaire), le restaurant scolaire est quant à lui proche de la saturation.
  • La stratégie exposée semble quoi qu’il en soit contradictoire : peut-on à la fois prétendre créer des petits logements à destination des aînés et des jeunes, et attendre dans le même temps que des familles avec enfants s’installent dans ces petits logements ?

+ 240% de logements sociaux

Dans le cadre de la fusion annoncée des 3 communautés de communes, M. le Maire présente comme une condition non négociable le fait de faire payer cette amende par la nouvelle entité : « Avec 7,5 % de logements sociaux, la commune est encore bien loin des seuils imposés par le législateur (25%). Le fait d’augmenter de 240% le taux de nos logements sociaux montrera notre bonne volonté, et cela devrait permettre à notre village de ne pas être inquiété. »

  • Rappelons tout d’abord qu’à ce jour, aucune disposition légale ne nous contraint aujourd’hui à disposer de logements sociaux. Une telle obligation n’interviendrait que dans le cas, encore aujourd’hui hypothétique, d’une fusion entre les 3 communautés de communes (Chantilly, Senlis et Pont-Sainte-Maxence). Lors du dernier conseil municipal (28 septembre), le maire a expliqué que cette fusion semblait compromise.
  • Donc, anticiper une éventuelle obligation pour montrer notre bonne volonté relève d’une naïveté et d’une méconnaissance totale du fonctionnement des instances supra-communales.
  • Quant au paiement d’une amende par la nouvelle entité (encore une fois hypothétique à ce stade), qu’est-ce qui permet de la présenter comme non négociable ? Quoi qu’il en soit, personne ne peut savoir qui conduira cette négociation, si celle-ci intervient après mars 2020…

Conclusion

Nous ne sommes pas opposés par principe aux constructions, et nous jugeons normal l’accroissement naturel des logements. Toutefois nous estimons qu’il est indispensable de prendre des mesures fortes pour éviter que notre village devienne une cité dortoir sans âme.

 

Notre qualité de vie est déjà mise à mal par tous ces nouveaux programmes dont l’impact n’a fait l’objet d’aucune étude ni anticipation (circulation, stationnement, pollution, etc.). Nous regrettons amèrement que la majorité municipale n’ait pas voulu s’opposer à ces projets, et qu’elle les ait au contraire favorisés ou appelés de ses vœux.

 

Les rentrées financières escomptées ne sauraient quoi qu’il en soit constituer le seul objectif d’une politique municipale responsable. La défense de notre cadre de vie devrait en être la priorité.

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Commentaires: 2
  • #1

    Delangue Brigitte (jeudi, 18 octobre 2018 14:05)

    Manque plus que créer un camp de réfugiés en attendant la construction des logements sociaux. La Chapelle s'est fait avoir avec les logements de la route de Plailly : achetés pour des placements et les logements sociaux ont servis à logés les cas sociaux de Creil et les jeunes capellois attendent à la porte !

  • #2

    Laurence (vendredi, 19 octobre 2018 09:24)

    L'amateurisme de cette municipalité va nous poursuivre car les dégâts causés sont irreversibles.